Comme les informations circulent aujourd’hui très vite et souvent sans être vérifiées, il est utile d’observer comment la langue elle‑même peut créer des malentendus. Les exemples qui suivent montrent justement comment certaines erreurs ou ambiguïtés peuvent nous tromper et nous invitent à exercer notre esprit critique.
Cette approche devient d’autant plus urgente aujourd’hui car nous sommes criblés d’infos, mais aussi d’infox parfois dues aux coquilles qui se glissent dans les textes. Font partie de ce genre d’erreurs les fautes de frappe ainsi que les modifications de la part du correcteur automatique. Par le passé, ces variations involontaires pouvaient susciter le sourire :
« L'homme des casernes avait pour armes des branches arrachées aux arbres... », « Pommade contre la chute des chevaux » ou « La procession des équinoxes ».
Parfois, l’ironie peut surgir tout simplement d’une structure grammaticale ou syntaxique ambigüe du type : « On demande une bonne qui sache cuire et soigner les enfants » ou bien « Allons manger les enfants !» où la présence de la virgule joue un rôle capital.
Ce genre de fautes a toujours existé. Le terme « lapalissade », par exemple, qui indique une affirmation ingénue tellement évidente qu’elle devient banale. Cette acception est due à une erreur de transcription du dernier vers d’une chanson composée par ses soldats en l’honneur du maréchal de La Palice, guerrier de grande renommée, mort en 1512 au siège de Pavie : « Un quart d’heure avant sa mort, il était encore en vie » déformation du texte original « Un quart d’heure avant sa mort, il faisait encore envie », ce qui change remarquablement le sens de cette affirmation.
L’erreur s’est perpétuée de façon qu’encore aujourd’hui on utilise ce terme issu du nom de ce chef de guerre. Le manque d’esprit critique a condamné un héros à devenir le symbole d’une banalité ordinaire.
Une absence collective d’esprit critique a circulé plus récemment portant sur l’idée que les épinards contiennent une quantité de fer supérieure à n’importe quel autre légume, conviction à l’origine du personnage de Popeye, dont la force herculéenne lui viendrait des épinards. Pourtant cette info était erronée car les épinards ne sont pas hyper riches en fer (entre 1,3 et 2,7 mg pour 100 g d’épinards crus). De nombreux autres légumes comme les lentilles, les pois chiches, les haricots blancs ou les blettes en offrent autant, voire plus. Une erreur de virgule, qui aurait transformé 2,7 mg en 27 mg pour 100 g en multipliant par dix la teneur réelle, serait à l’origine de cette légende. Et tout cela sans citer l’histoire où les exemples d’aveuglement collectif ne manquent malheureusement pas !
Il n’existe pourtant pas de système parfait pour détecter une fausse nouvelle, on peut juste signaler des précautions à prendre, dont voici celles qui nous paraissent les plus utiles :
il faut partir du principe qu’une information sur le web donnée par un inconnu est par défaut plus fausse que vraie. Il faut se fier plutôt aux médias reconnus, aux journalistes et aux experts identifiés bien que cela ne suffise pas à rendre leurs informations vraies ;
on peut aussi recouper le message : si plusieurs médias fiables donnent la même information en citant des sources différentes, elle a de bonnes chances d’être vraie ;
on devrait remonter à la première source dans la mesure du possible car beaucoup de messages ne disent pas d’où provient l’information. Les sources indirectes, du type « l’ami d’un ami » ainsi que les sources prétendument institutionnelles comme « quelqu’un qui travaille dans la police/dans l’armée » sont donc à éviter, ainsi que les fausses évidences du type « tout le monde sait que… » ou « inutile de démontrer que… »
Pour compléter on présente en annexe des activités permettant de développer l’esprit critique chez les élèves. .
Referenze iconografiche: radachynskyi/123RF